Brève biographie
Acadienne Monelle Doiron, femme, artiste et féministe, originaire de RangSt-Georges au Nouveau-Brunswick. Elle étudie en Arts dramatiques à l’Université de Moncton avant de faire son baccalauréat en danse contemporaine à l’Université du Québec à Montréal. Après les études, l’enseignement de la danse est au premier plan dans sa carrière. C’est à son retour au NouveauBrunswick, à partir de 2009, que la création se manifeste. Elle collabore avec plusieurs artistes de la région et en 2015 fonde le collectif Les Drôles de Moineaux avec son partenaire de vie et de création l’artiste en art visuel Denis Lanteigne. Ensemble, ils explorent la performance, la chorégraphie et la vidéo. Elle reçoit le prix Éloizes dans la catégorie Artiste de l’année en danse/arts du cirque avec l’exploration chorégraphique en vidéodanse Les oiseaux en 2022.
Démarche artistique
Brief description of your residency project / What impact will this residency have on your practice ? / Quel impact cette résidence aura-t-elle sur votre pratique ? Par la danse, la vidéo et la performance, je cherche et questionne la place et les charges de la femme au sein de la famille, du couple hétérosexuel et de la société. Ayant une fratrie nombreuse et majoritairement masculine, la révolte et le sentiment d’injustice m’habitent depuis l’enfance. J’explore à travers l’art comment les dynamiques de pouvoir et les réponses induites par le genre et les rôles assignés s’expriment. J’utilise la contrainte, le rapport à l’autre ou à l’objet pour créer. Je m’inspire de mon vécu et de ce qui m’entoure au quotidien, les lieux, les objets et les mouvements.
Brève description de votre projet de résidence
Je suis une femme
Je suis la fille de mon père
Je suis la soeur de nombreux frères
Je suis la dernière enfant d’une famille de sept enfants.
Je suis la deuxième fille, avec 5 frères et une soeur.
Je suis féministe.
Je suis l’artiste dans une famille d’entrepreneur
Je suis l’héritière de l’entreprise familiale.
Je suis le bâton de vieillesse pour mon père âgé
Je suis devenue la responsable de tous les maux familiales
Je suis celle que l’on accuse, je suis la bouc émissaire
Étonnée, surprise, je croyais la confiance établie, l’amour filiale plus fort.
Je cherche comment naviguer dans cette tempête le fil qui nous lie m’écorche les mains je perd des morceaux de moi, joie, candeur, confiance…
J’utilise la chaise comme métaphore et symbole de la famille. Le rôle, la place, la responsabilité qui m’incombe comme femme, f ille, sœur et maintenant héritière. Ce n’est pas moi qui aurais dû recevoir ce lègue, tout le monde le dit, le cri, le vocifère, je suis la benjamine et une femme de surcroit!
À vrai dire je ne sais pas encore sous quel forme prendra cette création. Je n’en suis qu’au début du processus. J’imagine une installation avec photo, vidéo, poésie et performance. Tout est possible et je ne veux pas m’empêcher d’explorer toutes les avenues.
En ce moment, j’explore, avec la chaise ou plutôt plusieurs chaises, le mouvement sous forme d’improvisations dansées et spontanées. Je bouge les yeux fermés tel que pratiqué en mouvement authentique pour être porté par les sensations que me procure l’objet.
Avec cette résidence, je voudrais explorer la dimension visuel par la photo et la vidéo. J’ai besoin d’un espace vide ou je peux installer plusieurs chaise. La grandeur de l’espace m’importe peux, la contrainte est bienvenue.